{"id":4275,"date":"2013-11-11T00:19:09","date_gmt":"2013-11-10T23:19:09","guid":{"rendered":"https:\/\/spacetux.org\/cpamoa\/?p=4275"},"modified":"2014-01-07T21:30:08","modified_gmt":"2014-01-07T20:30:08","slug":"du-vent-du-sable-et-des-etoiles-avec-encore-toutes-mes-excuses-a-saint-exupery","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/spacetux.org\/cpamoa\/2013\/11\/du-vent-du-sable-et-des-etoiles-avec-encore-toutes-mes-excuses-a-saint-exupery\/","title":{"rendered":"Du vent, du sable et des \u00e9toiles (avec encore toutes mes excuses \u00e0 Saint Exup\u00e9ry)"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_4276\" style=\"width: 586px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/spacetux.org\/cpamoa\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/NC2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-4276\" class=\"size-full wp-image-4276\" title=\"NC2\" alt=\"\" src=\"https:\/\/spacetux.org\/cpamoa\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/NC2.jpg\" width=\"576\" height=\"382\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4276\" class=\"wp-caption-text\">Les nuages m\u00e9sosph\u00e9riques noctulescents capturent les premiers rayons du soleil d&rsquo;un jour nouveau<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est ma plan\u00e8te.<\/p>\n<p>Mes yeux caressent amoureusement sa peau aux couleurs magnifiques et sans fins. Combien de fois j&rsquo;ai explor\u00e9 du regard ses limites d&rsquo;un bleu clair indescriptible, alors que l&rsquo;aube a immortalis\u00e9 les courbes parfaitement d\u00e9finies de la luminescence du ciel mesosph\u00e9rique, splendides, iris\u00e9es : la couleur d&rsquo;une patience infinie et intemporelle.<\/p>\n<p>J&rsquo;observe dans le silence de ma position, je sais que son c\u0153ur bat invisible, et je vois la s\u00e8ve couler dans les veines sans fins qui traversent ses terres, nourries et prot\u00e9g\u00e9es par les nuages qui la recouvrent comme le manteau d&rsquo;une vierge vestale. Sa respiration a le rythme calme et \u00e9ternel de la mar\u00e9e, la grandeur des vagues de l&rsquo;oc\u00e9an, la puissance des vents qui balayent dans un souffle, le sable de cent d\u00e9serts, les sommets de mille montagnes.<\/p>\n<p>En quelques heures, tout ne sera plus qu&rsquo;un souvenir. Mon vaisseau m&rsquo;attend, pour l&rsquo;instant calme et sombre, mais il sera bient\u00f4t le th\u00e9\u00e2tre dynamique et dramatique de mon retour sur Terre. Tout ce qui a un commencement, doit n\u00e9cessairement finir, une merveilleuse fragilit\u00e9 qui rend chaque exp\u00e9rience unique, et donc encore plus pr\u00e9cieuse.<\/p>\n<p>Maintenant, cependant, j&rsquo;essaye encore de me remplir les yeux, l&rsquo;esprit et le c\u0153ur de couleurs, de nuances et de sensations afin qu&rsquo;elles restent avec moi, pour que je puisse en t\u00e9moigner. Les terres \u00e9merg\u00e9es se confondent les unes avec les autres, les fronti\u00e8res, arbitraires et imaginaires, sont inexistantes d&rsquo;ici, pendant que je les observe de la Cupola. J&rsquo;observe les terres des hommes.<\/p>\n<p>De la Terre, en regardant vers le ciel et les \u00e9toiles, j&rsquo;ai toujours ressenti une attraction irr\u00e9sistible, j&rsquo;ai encourag\u00e9 mon esprit \u00e0 se perdre dans l&rsquo;infini et l&rsquo;inconnu. C&rsquo;est notre nature &#8211; le g\u00e8ne d&rsquo;Ulysse. Mais Ulysse, apr\u00e8s beaucoup de voyages, revient \u00e0 Ithaque : il a longtemps r\u00eav\u00e9 \u00e0 son \u00eele. Si j&rsquo;\u00e9tais n\u00e9 entre les espaces du noir interstellaire imp\u00e9n\u00e9trable, si j&rsquo;avais pass\u00e9 toute ma vie en voyageant loin de notre monde, j&rsquo;observerais avec le m\u00eame regard admiratif que j&rsquo;ai maintenant ses eaux bleues et ses continents si bigarr\u00e9s. Chaque lever et chaque coucher de soleil m&rsquo;offriraient la m\u00eame stupeur atavique. Et je r\u00eaverais d&rsquo;enfoncer les pieds dans ses sables chauds, de sentir la froide \u00e9treinte de ses neiges et la caresse sal\u00e9e de sa brise qui, de la mer, est pouss\u00e9e vers la terre. Je me demanderais ce que \u00e7a fait de se baigner dans ses eaux, de se pr\u00e9lasser dans la chaleur de son soleil.<\/p>\n<p>Mais j&rsquo;ai de la chance : je suis n\u00e9 l\u00e0.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ma plan\u00e8te. C&rsquo;est ma maison.<\/p>\n<div id=\"attachment_4278\" style=\"width: 566px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/spacetux.org\/cpamoa\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/9559114995_c3f7bd9878_o.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-4278\" class=\"size-full wp-image-4278\" title=\"9559114995_c3f7bd9878_o\" alt=\"\" src=\"https:\/\/spacetux.org\/cpamoa\/wp-content\/uploads\/2013\/11\/9559114995_c3f7bd9878_o.jpg\" width=\"556\" height=\"368\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4278\" class=\"wp-caption-text\">Cr\u00e9dits : ESA\/NASA<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<pre><em>Cet article a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit initialement par Luca Parmitano, le premier astronaute de la promotion 2009 de l\u2019ESA \u00e0 monter \u00e0 bord de la Station Spatiale Internationale. Il orbite au dessus de notre t\u00eate depuis le 29 Mai 2013. Article en anglais post\u00e9 le dimanche 10 novembre sur\u00a0<a href=\"http:\/\/blogs.esa.int\/luca-parmitano\/\" target=\"_blank\">le blog de sa mission Volare<\/a>\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/blogs.esa.int\/luca-parmitano\/2013\/11\/10\/wind-sand-and-stars-with-apologies-once-again-to-de-saint-exupery\/\">Wind, sand and stars - (with apologies once again to De Saint-Exupery)\r\n<\/a><\/em><\/pre>\n<p>&nbsp;<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; C&rsquo;est ma plan\u00e8te. Mes yeux caressent amoureusement sa peau aux couleurs magnifiques et sans fins. Combien de fois j&rsquo;ai explor\u00e9 du regard ses limites d&rsquo;un bleu clair indescriptible, alors que l&rsquo;aube a immortalis\u00e9 les courbes parfaitement d\u00e9finies de la luminescence du ciel mesosph\u00e9rique, splendides, iris\u00e9es : la couleur d&rsquo;une patience infinie et intemporelle. 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