L-118 : Les toilettes spatiales

L-118 : Mardi 29 Juillet 2014

De nouveau à Star City après un retour en Europe depuis Houston et après m’être arrêtée brièvement à la maison pour le week-end.

C’est le moment de retrouver l’univers Soyouz, au moins pour les trois prochaines semaines ! Mais tout d’abord j’aimerais vous parler d’un dernier cours que j’ai suivi la semaine dernière au Centre Spatiale Johnson avant de quitter Houston.

C’est un cours facultatif que les membres d’équipage peuvent demander à suivre s’ils sentent le besoin de revoir l’un des équipements les plus importants à bord, et probablement le premier que je voudrai utiliser à mon arrivée. C’est le Waste and Hygiene Compartment (WHC, Le Compartiment Déchets et Hygiène) : pour les intimes, les toilettes spatiales.

Les toilettes (WHC) dans le Noeud 3

Les toilettes (WHC) dans le Noeud 3 (Crédits : NASA/Expédition 31)

Le WHC est contenu à l’intérieur d’un rack standard, l’un des éléments inclinables qui sont installés les uns à coté des autres le long des quatre parois de chaque module US. Tous les composants – pompe, ventilateur, tuyaux, réservoirs, filtres, etc… – sont cachés derrière les panneaux. Devant les panneaux, mais toujours contenu dans le volume du rack, ce sont les interfaces utilisateurs : un entonnoir jaune avec un tube flexible pour l’urine et un réservoir de déchets solides avec un trou par dessus, sur lequel un « siège » est installé.

Devant le rack, empiétant sur le volume du Noeud 3, c’est la cabine WHC, qui offre une certaine intimité.

Le WHC dispose d’un panneau de contrôle ayant suffisamment de commutateurs, de boutons et de voyants pour vous faire penser que les toilettes japonaises sont ennuyeuses (elles ne le sont pas). En fait, en tant qu’utilisateur, lorsque vous entrez, vous voulez jeter un œil sur le panneau principal pour vous assurer que les lumières reflètent l’une des configurations attendues. C’est soit trois ou quatre voyants verts, selon l’endroit où s’écoule l’urine. La plupart du temps l’urine s’écoule directement dans l’installation de traitement de l’urine (Urine Processing Assembly) pour être traitée puis elle est envoyée vers l’installation de traitement de l’eau (Water Processing Assembly) pour être transformée en eau potable. Cependant, parfois, si l’UPA est en cours de maintenance par exemple, l’urine peut être dirigé à la place vers un réservoir amovible.

La cabine des toilettes (WHC) à l'intérieur du Noeud 3

La cabine des toilettes (WHC) à l’intérieur du Noeud 3 (Crédits : NASA/Expédition 31)

Comme vous pouvez l’imaginer, le panneau a également un certain nombre de feux rouges qui peuvent survenir et indiquer un dysfonctionnement ou simplement la nécessité d’une action : le remplacement d’un réservoir d’urine plein, par exemple, ou remplir le réservoir de la chasse d’eau.

L’ensemble du système est basé sur un flux d’air transportant les déchets solides et liquides depuis le corps dans les cuves de collecte respectives.  Par conséquent, la première chose que nous faisons pour utiliser les toilettes est de mettre en route le ventilateur qui crée cet air directionnel. L’urine est recueillie par l’intermédiaire d’un entonnoir et est mélangée avec de l’eau de rinçage et un agent chimique avant d’être envoyé à l’UPA ou dans le réservoir. Les déchets solides sont collectés dans des sacs à usage unique installés dans le réceptacle de déchets solides – après chaque utilisation, un nouveau sac est préparé pour le prochain utilisateur, tandis que celui déjà utilisé doit aller dans le réservoir juste en dessous du « siège ». Sur Terre, il se contenterait de tomber. Dans l’espace, il faut le guider : je vous l’accorde, ce n’est pas la partie la plus glamour de la vie dans l’espace.

Vous avez probablement deviné qu’un dysfonctionnement qui pourrait potentiellement créer une vraie pagaille serait la perte de puissance lors de l’utilisation des toilettes, car le flux d’air s’arrêterait et il n’y aurait rien qui entraînerait les déchets dans la bonne direction. L’action immédiate : fermer le couvercle du « siège » ainsi que le réceptacle des déchets liquide ! Vous pouvez alors vous soucier du reste du dépannage.

 

Cette note est la suite d’une longue série de notes de Samantha Cristoforetti qui a entrepris l’écriture d’un journal de bord quotidien qui la mènera au jour de son lancement, pour le moment prévu le 24 novembre 2014.
La version anglaise (originale) peut être consultée sur son compte Google+ et la traduction italienne sur le site AstronautiNEWS. Toutes les photos postées sont sa propriété et proviennent de son journal de bord sur son compte Google+.

 

 

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