L+148 : C’est l’heure pour d’autres expériences : BRIC 21 et Synthetic Muscle !

L+148 : Lundi 20 Avril 2015

Journée chargée de science et de logistique pour moi pour commencer la semaine.

Le déchargement du Dragon continue, hier j’avais une heure d’opérations de transfert sur mon planning. En examinant le Dragon vous pouvez penser que nous avons déjà plutôt bien progressé dans le déchargement, mais en réalité nous avons triché un peu. Beaucoup de sacs ont été retirés et temporairement stockés dans l’ISS, ainsi nous avons pu accéder aux autres cargaisons contenant des sciences urgentes. Mais bien sûr, ils ne vont pas se déballer eux-mêmes… et certains sont énormes, croyez-moi. Nous les appelons les sacs MO et je pourrais confortablement tenir à l’intérieur du plus petit d’entre eux !

Aujourd’hui j’ai également géré un type de cargaison spécial, les réfrigérateurs Polar. Ils doivent être transférés dans l’ISS, mais comme ils sont alimentés en électricité dans le Dragon et qu’ils contiennent des marchandises réfrigérées et des échantillons scientifiques, ils doivent être déplacés et réinstallés rapidement, afin de minimiser le temps pendant lequel ils restent hors tension.

Aujourd’hui encore, j’avais deux activités scientifiques pour les expériences BRIC 21 et Synthetic Muscle. BRIC signifie Biological Research in Canisters (Recherche Biologique en Boîtes, NdlT) : vous pouvez voir l’une des unités BRIC sur la photo.

 

L+147 Samantha utilise le BRIC

 

Cette recherche particulière étudie les microbes et la façon dont ils s’adaptent à l’environnement spatial, avec une attention spéciale portée au développement de la résistance aux antibiotiques. Vous avez probablement entendu que c’est plutôt une source de préoccupation pour les soins de santé ces temps-ci et nous avons vraiment besoin de mieux comprendre comment des agents pathogènes deviennent résistants aux antibiotiques.

Faire des recherches avec des agents pathogènes dans l’ISS apporte quelques complications, car vous devez fournir un moyen de croissance à la culture microbienne : si l’équipage doit le faire manuellement, comme c’est souvent le cas, l’opération doit être réalisée dans la boîte à gants pour assurer le confinement des micro-organismes dangereux. C’est là où les BRIC s’avèrent pratiques : en utilisant un outil dédié, comme vous pouvez le voir sur la photo, les astronautes peuvent pousser un piston et injecter les moyens nécessaires sans avoir à rompre les trois niveaux de confinement requis par les standards de sécurité de l’ISS. C’est très rapide et efficace !

Mais je parie que vous voulez entendre parler de Synthetic Muscle… et bien, il s’avère que le Dragon nous a apporté des échantillons d’un matériau spécial qui pourrait être utilisé pour répliquer le tissu musculaire. C’est un polymère électroactif : vous pouvez le faire se contracter et s’étendre en appliquant différents courants électriques. Ça ressemble beaucoup à des muscles pour moi, n’est-ce pas ?

Les applications sur Terre se situent dans le domaine des prothèses, bien sûr, mais nous testons également comment ce matériau réagit lorsqu’il est exposé aux radiations solaires et cosmiques, car il pourrait être utilisé potentiellement sur des robots pour améliorer leur mobilité. Cool, non ?

 

Cette note est la suite d’une longue série de notes de Samantha Cristoforetti, astronaute italienne de l'ESA, qui a entrepris l’écriture d’un journal de bord quotidien relatant son entraînement pour sa mission spatiale à bord de l'ISS. Samantha s'est envolée de Baïkonour à bord d'une fusée Soyouz le 23 novembre 2014.
La version anglaise (originale) peut être consultée sur son compte Google+ et la traduction italienne sur le site AstronautiNEWS. 
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Toutes les photos postées proviennent de son journal de bord sur son compte Google+.

 

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