Les Russes abandonnent tout espoir pour la mission Phobos-Grunt

(Cet article est une traduction de l’article intitulé Russians give up hope on Phobos-Grunt mission publié sur le blog Space : The Final Frontier)

Article initialement écrit le 13/11/2011

 

Après ce qui semblait être un lancement impeccable depuis le cosmodrome de Baïkonour mercredi 9 novembre, TOUT a semblé avoir mal tourné avec la sonde Phobos-Grunt qui devait se rendre sur le petit satellite martien.

 

La fusée Zenit2SB41.1 a positionné sur une orbite initiale, neuf minutes après son lancement, la sonde Phobos-Grunt ainsi que l’orbiteur martien chinois Yinghuo-1 et une expérience de longue exposition de la Planetary Society. Après quelques heures, un premier allumage des moteurs de l’étage Fregat aurait dû avoir lieu, suivi par un second plus long afin de placer la sonde sur la bonne trajectoire vers Mars. Aucun de ces deux allumages n’a eu lieu.

Des efforts répétés ont été fournis au cours des quatre jours qui ont suivis (pour contacter la sonde ndlt). Roscosmos n’a fait pratiquement aucune communication, mais les scientifiques russes ont officieusement dit à diverses sources d’informations qu’ils craignaient que la sonde ne soit perdue. Les stations au sol de l’ESA en Espagne, à Kourou et en Australie ont tenté de contacter le vaisseau endommagé. La NASA a également offert l’assistance de ses stations au sol et les stations au sol de Baïkonour ont également tout tenté pour entrer en contact avec la sonde, jusqu’à présent en vain.

Jeudi 10 novembre, l’ancien spécialiste en chef des forces armée des Amériques, Vladimir Uvarov, a indiqué que la sonde ne pourrait probablement pas être sauvée.

Les inquiétudes concernant la mission ne portent plus sur la récupération d’échantillons du sol de Phobos, mais sur le fait de savoir où et quand le vaisseau ré-entrera dans l’atmosphère. Les trois principales sources d’inquiétude sont :

– Le combustible toxique
– La matière radioactive de la sonde
– Le module de ré-entrée.

Le combustible toxique

Personne ne s’accorde sur la quantité EXACTE de combustible dans l’appareil. Les estimations varient de 10 à 13 Tonnes. Cependant la composition de ce mélange est bien connu. Le Peroxyde d’azote est un liquide jaune-brun qui est parmi les plus communs des oxydants stockables utilisés par les moteurs au propergol liquide aujourd’hui. Il réagit au contact de l’Hydrazine. Bien qu’ils puissent être stockés indéfiniment dans des containers scellés, l’état liquide du peroxyde d’azote, plus particulièrement, a une marge de températures très étroite et il gèle ou s’évapore facilement. Il y a un consensus général sur le fait que si le mélange toxique reste à l’état liquide pendant la ré-entrée, il y aura peu de dommages à long-terme. On pourrait s’inquiéter dans le cas où le peroxyde d’azote gèlerait en orbite et ne dégèlerait pas pendant la ré-entrée, il pourrait contaminer une grande superficie de terres.

La matière radioactive de la sonde

Le vaisseau transporte le spectromètre AMC de Mössbauer, qui comprend deux sources de cobalt-57. C’est une source de rayons gamma radioactifs qui possède une demi-vie de 271 jours. Il devait être utilisé pour des recherches approfondies sur la minéralogie de Phobos. D’après le directeur de l’Institut des Recherches Spatiales, Leo Green, les quantités infimes de Cobalt-57 présents à bord de la sonde, ne représentent pas de réels dangers pendant la ré-entrée.

Le module de ré-entrée

Le but principal de la mission Phobos-Grunt était de renvoyer sur terre environ 200g du sol de Phobos. Le retour sur terre devait se faire via une petite capsule qui était censée ré-entrer et être récupérée dans les plaines du Kazakhstan. Cela signifie qu’il y a une partie du vaisseau qui est conçu pour survivre à la ré-entrée.
Maintenant que le vaisseau peut ré-entrer n’importe où sur le globe (entre 51 degrés de latitude Nord et 51 degrés de latitude Sud), cette petite pièce de la sonde pourrait causer de vastes dommages si elle atterri sur des zones construites.

A cause de la nature de son orbite, on ne sait pas exactement OU ni QUAND la ré-entrée aura lieu. Plusieurs facteurs peuvent influer, notamment l’activité solaire, qui peut épaissir l’atmosphère terrestre, opposant plus de résistance sur la sonde ; et également le comportement du vaisseau lui-même.

Des rapports ont montré que l’orbite du vaisseau se détériore moins que prévu, ce qui conduit certains experts à penser que le vaisseau n’est pas un simple morceau de débris spatial aveugle et que peut-être certaines opérations automatiques se déroulent à bord. Les estimations actuelles suggèrent cependant que Phobos-Grunt ré-entrera dans l’atmosphère de la terre entre la fin novembre et la mi-décembre. Pour connaitre les possibilités d’observation, consultez le site Heavens-above

 

—- Mise à jour du 14/11/2011 —-

D’après l’agence d’information russe RIA Novosti, qui a publié cet article, les russes vont continuer les tentatives pour sauver la mission jusqu’à début décembre. La sonde doit rester en orbite jusqu’en janvier. Popovkin qui est à la tête de l’agence spatiale russe, Roscosmos, affirme que la sonde serait détruite au cours de sa ré-entrée dans l’atmosphère par l’explosion du combustible qu’elle contient. Il y aurait donc, selon lui, très peu de chances que des parties de la sonde atteignent le sol. J’espère qu’il a raison….

 

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