L+150 : L’expérience NATO : une nanoparticule peut-elle contrer la perte de masse osseuse ?

L+150 : Mercredi 22 Avril 2015
(écrit par Sam le Samedi 25 Avril)

Hé, je n’ai pas oublié que je vous avais promis de vous parler de l’expérience NATO !

Mercredi j’ai terminé NATO en retirant les conteneurs de l’expérience de l’incubateur Kubik et en les mettant dans le congélateur MELFI, leur état biologique étant congelé jusqu’à ce que les chercheurs au sol puissent mettre la main sur eux et faire leurs analyses post-vol.

Le nom complet de l’expérience est Nanoparticles and Osteoporosis et, tout comme Osteo-4 dont je vous ai parlé dans le dernier article du journal, elle étudie les os. Mais alors qu’Osteo-4 cherche à déterminer les mécanismes qui nous font perdre de la masse osseuse en microgravité, NATO veut voir ce que nous pouvons faire contre ça, et plus particulièrement, si un type particulier de nanoparticules pourrait être efficace dans la lutte contre la perte osseuse.

Vous voyez, ce n’est pas très intuitif, mais l’os est un tissu vivant qui est détruit et qui se reforme constamment. Des cellules appelées ostéoclastes détruisent l’os, d’autres cellules appelées ostéoblastes produisent un nouvel os. Tant que la destruction et la production sont en équilibre, tout va bien, mais en apesanteur cet équilibre est perturbé et les ostéoclastes gagnent. C’est également ce qui arrive lorsque les gens souffrent d’ostéoporose, qui est malheureusement un problème fréquent !

NATO observe in vitro les effets de l’ajout de doses diverses de « strontium-containing-hydroxyapatite-nanoparticles » ou nHAP-Sr aux tissus osseux. Certaines études ont suggéré que l’ajout de  nHAP-Sr pourrait être efficace pour empêcher les ostéoclastes de détruire l’os, ce qui favoriserait un équilibre plus favorable du cycle de destruction/production d’os. Des recherches prometteuses pour nous astronautes dans l’espace et pour les gens sur Terre souffrant de perte osseuse !

 

L+150 Samantha remplace le réservoir de recyclage de l'UPA

 

Mais on ne fait pas de la sciences en permanence ici bien sûr. On a besoin de maintenir la Station en état de fonctionnement, ce qui signifie aussi un changement périodique du réservoir de recyclage de notre Ensemble de Traitement de l’Urine ou UPA (Urine Processing Assembly). Vous pouvez voir l’UPA sur la photo, il occupe la zone sous nos toilettes spatiales. Ce qui reste de notre urine après avoir été traitée dans l’UPA, un liquide verdâtre, dense et qui ne sent pas très bon appelé brine, est recueilli dans le réservoir de recyclage qui a besoin bien sûr d’être changé lorsqu’il est plein.

Mais j’ai terminé la journée avec une autre nouvelle expérience cool appelée Nematode muscle. Je vous en parlerai une prochaine fois !

 

Cette note est la suite d’une longue série de notes de Samantha Cristoforetti, astronaute italienne de l'ESA, qui a entrepris l’écriture d’un journal de bord quotidien relatant son entraînement pour sa mission spatiale à bord de l'ISS. Samantha s'est envolée de Baïkonour à bord d'une fusée Soyouz le 23 novembre 2014.
La version anglaise (originale) peut être consultée sur son compte Google+ et la traduction italienne sur le site AstronautiNEWS. 
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Toutes les photos postées proviennent de son journal de bord sur son compte Google+.

 

 

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