Si vous travaillez dur, vous travaillez trop dur !

Article par Samantha Cristoforetti

Placement des sacs d'eau dans leurs poches et ajustement des valves avant la séance (Credit : NASA)

Placement des sacs d’eau dans leurs poches et ajustement des valves avant la séance (Credit : NASA)

L’entraînement aux EVA dans le Laboratoire de flottabilité neutre (Neutral Buoyancy Laboratory = NBL) est difficile, spécialement lorsque vous êtes très inexpérimenté (comme moi !) et que vous avez encore besoin d’apprendre comment ne pas lutter contre la combinaison, comment optimiser vos mouvements, comment rendre les choses plus faciles pour vous-même.

« Si vous travaillez dur, vous travaillez trop dur » c’est ce que l’astronaute vétéran Suni Williams aime à dire. L’un des nombreux bons conseils qu’elle m’a donné mardi dernier, lorsqu’elle a trouvé le temps d’enfiler sa combinaison pour me coacher dans ma seconde EVA.

Cependant… plus facile à dire qu’à faire. Pendant la totalité de la séance j’étais au maximum du refroidissement, avec 75GPH d’eau qui coulait dans mon sous-vêtement de refroidissement à l’eau et de ventilation pour évacuer la chaleur de mon corps. Cela signifie 75 gallons par heure, c’est à dire presque 300 litres par heure.

Prête à enfiler le casque et mettre sous pression (Credit : NASA)

Prête à enfiler le casque et mettre sous pression (Credit : NASA)

Heureusement des dispositions sont prises pour que les astronautes soient capable de boire dans la combinaison. Nous sommes tenus de porter un sac d’eau attaché par un velcro à l’intérieur de la partie supérieure du torse, devant notre poitrine. Il y a une paille coincée dans l’anneau du cou avec une valve bleue, que vous pouvez voir sur la photo. C’est très similaire aux produits commerciaux utilisés par les cyclistes et les randonneurs, excepté que notre sac est contenu dans une poche non-inflammable.

Quelle quantité d’eau avons-nous ? Le sac peut contenir 32 onces, soit presque un litre. Et bien, j’ai tout bu au cours de ma séance de quatre heures mardi ! Mais encore une fois, je suis celle qui était au maximum du refroidissement.
Je vais devenir plus efficace avec le temps et je pourrai conserver de l’énergie. Ma troisième séance la semaine prochaine durera cinq heures. Voyons si je suis capable d’économiser de l’eau pour l’heure supplémentaire !

 

 

Cet article a été écrit par Samantha Cristoforetti, l’un des six astronautes recrutés par l’Agence Spatiale Européenne en 2009. Leur groupe a été baptisé les Shenanigans. Vous pourrez lire la version originale de cet article en anglais sur le site de l’ESA ici : If you're working hard, you're working too hard !

 

 

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