AuroraTweetup : Premier jour !

 

Aurores boréales. Rien que ce mot me faisait rêver. J’avais déjà vu ces lumières en photo : vertes, parfois un peu rouges ou bleues. Je les avais vues également sous forme de vidéos timelapse, prises depuis le sol, mais également depuis la Station Spatiale Internationale. Mais les voir à l’oeil nu a été incroyable. J’ai pu vivre cette expérience au cours d’un voyage réalisé en Finlande entre le 6 et le 10 février 2013.

Tout est venu d’une idée lancée par Remco, il y a plus d’un an de cela. Habitué des expéditions arctiques  (c’est son métier : emmener des personnes passer quelques jours sous des hautes latitudes grâce à sa société Expedition Factory), il a organisé avec l’aide de Martin, passionné d’astrophotographie, un séjour en Finlande pour 20 personnes. Remco et Martin étant très actifs sur twitter, ils ont baptisé ce voyage Auroratweetup.

L’année 2012 est passée tranquillement, et le mois de février est arrivé. j’avais deux appréhensions : la première était que le ciel soit couvert et que nous ne puissions rien voir. La seconde était que même si le ciel était découvert, il n’y ait pas d’éjections de masse coronale (CME) venant du soleil et donc qu’il n’y ait pas d’aurores. Ce que je ne savais pas alors, c’est que même sans les CME, le vent solaire suffit à créer des aurores, certes pas aussi spectaculaires, mais tout de même.

Emplacement de Nellim, 250km au nord du cercle Arctique (clickez sur l’image)

Le lieu de notre séjour c’est Nellim, petit village du nord de la Finlande (à 250km au nord du cercle polaire arctique) sur les rives du lac Inari à une quarantaine de kilomètres d’Ivalo, la ville la plus proche où se situe l’aéroport. C’est un endroit sauvage et reculé. Un seul hôtel au milieu des sapins enneigés, un habitat dispersé, cela ajoute encore plus de charme et de magie au séjour.

Nous étions huit du groupe à arriver un jour avant la date officielle. Nous avons ainsi pu profiter d’une soirée et d’une journée supplémentaire. Contrairement à ce qu’annonçait mon application météo, le ciel était totalement dégagé lorsque nous avons atterris sur le tarmac gelé de l’aéroport d’Ivalo. Il faisait nuit, il était 17h15 et il faisait déjà froid (environ -22°C).

Nous profitons de la chaleur de la salle de restaurant de l’hôtel : +22C à l’intérieur, -22C à l’extérieur

 

Regonflée par la vision de ce ciel rempli d’étoiles, je retrouve Martin et le reste du groupe à l’aéroport et c’est en bus que nous parcourons la distance entre Ivalo et Nellim. Les routes sont gelées, enneigées, mais ça ne gêne pas le conducteur qui conduit à 80km/h, nous faisant faire des petits sauts sur nos sièges à chaque bosse sur la route. Nous sommes un peu inquiets, mais nous arrivons à bon port. Nous nous installons dans l’appartement que nous partageons à six puis nous rejoignons la salle de restaurant pour un repas bien mérité.

 

Premier soir Auroratweetup

Lac Inari le 1er soir. Les nuages ne nous laissent pas beaucoup d’espoir. Les lumières de rue sont encore allumées, d’où la couleur orangée.

Nous décidons de rentrer au chaud dans le restaurant de l’hôtel et de retenter notre chance un peu plus tard dans la soirée. A noter que le restaurant étant le seul endroit de l’hôtel à proposer du Wifi (gratuit), cela deviendra notre QG à tous, parfois au grand malheur des serveuses qui auraient bien voulu que nous libérerions les tables pour le déjeuner ou le dîner.

Après s’être réchauffé, mon mari décide de ressortir. Je reste encore avec le reste de la troupe. Il fait chaud, on se détend dans les fauteuils, sirotant des boissons et parlant de choses et d’autres. Mais ça me démange de ressortir, je crains de manquer quelque chose. C’est donc armée de la lampe-torche de mon iPhone que je le rejoins au bord du lac. Entre temps les lampes de rues se sont éteintes, la nuit est donc noire…. et claire ! Les nuages ont disparus. Tous ? Non, un nuage de couleur gris-blanc qui s’étend au dessus du lac persiste. Il me dit qu’il s’agit d’une Aurore. Moi qui m’attendais à quelque chose de vert bien lumineux comme on les voit sur les photos, j’ai du mal à le croire. En plus c’est statique, aucun mouvement apparent. Il me montre une photo qu’il vient de prendre et… oh miracle…

Premiere aurore

La première aurore du séjour – Nuit du 6 au 7 février 2013

Il s’agissait bien d’une aurore boréale. Elle est très pâle. On a vraiment l’impression d’observer un nuage ou un peu de brume dans le ciel. C’est uniquement la longue durée d’exposition qui permet de capter la couleur verte. Je comprends mieux maintenant pourquoi on ne peut les voir que s’il n’y a pas de pollution lumineuse. En tout cas les plus pâles d’entre elles. Je sors mon appareil photo (un hybride qui n’est pas très adapté pour les photos de nuit, mais je voulais avoir mes propres clichés) et commence à photographier également. C’est magique de voir les photos révéler la couleur des aurores. Le reste du groupe nous rejoint peu de temps après. On est tous enthousiastes. Un peu hilares même. Nous nous sommes un peu éloignés vers l’intérieur du lac et nous entendons les autres rires. Ils doivent être entrain de faire des photos amusantes. Nous nous aventurons à nous prendre nous-même en photo.

Remco sous le ciel étoilé de Laponie

Remco sous le ciel étoilé de Laponie

 

Je précise pour ceux qui n’y connaissent rien en photographie (un peu comme moi donc), qu’il ne faut pas bouger pendant toute la durée de l’exposition, dans ce cas-là 30 secondes, sous peine d’être flou ou voire même apparaître comme un fantôme sur la photo (voir ici pour un exemple de bras bougés)

 

 

Ce soir-là, à chaque fois que nous voulions rentrer, nous apercevions une aurore un peu plus brillante que les autres. L’intensité est allée croissante tout au long des deux heures que nous avons passées dehors.

Double rideau d'aurore

La plus belle aurore de la soirée, mais loin d’être la plus belle du séjour. Jupiter et les pleiades sont très visibles.

Voici l’une des dernières photos prises avant de finalement renoncer à rester plus longtemps dehors. Après deux heures par -25°C (à vue de nez), les orteils et les doigts étaient devenus douloureux, mais le reste du corps ça allait. Ce sont vraiment les extrémités qui étaient notre point faible à tous.

De retour dans l’appartement (le restaurant fermant à 1h du matin, plus de Wifi pour la soirée ! Dur ! :D) nous avons encore parcouru pendant 1h nos photos avant de finalement aller nous coucher vers 3h du matin.

 

Suite au prochain épisode ! 🙂

Et pour en savoir un peu plus sur les aurores boréales, je vous invite à consulter ce site en français d’un photographe québécois

 

 

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