Examens finaux Partie 1 : Simulation du vol accéléré

Luca s'enregistre pour un autre tour d'examens finaux

Luca s’enregistre pour un autre tour d’examens finaux (Crédits : NASA/Stephanie Stoll)

Le premier examen – une simulation de vol accéléré – est plutôt nouveau : c’est seulement la seconde fois que cela est fait. Un voyage standard de Soyouz vers la Station Spatiale Internationale prend plus de 34 orbites terrestres et dure deux jours tandis que nous allons voyager à bord d’un vaisseau Soyouz qui va effectuer le rendez-vous et l’amarrage avec la Station le même jour.

Cet examen est une reproduction fidèle de ce que nous allons faire le jour du lancement mais nous espérons que nous n’aurons pas à affronter les défaillances et les problèmes que nous avons rencontrés pendant la simulation !

Dans le Soyouz je m’assois sur le coté gauche, Fyodor, le commandant, s’assoit au milieu et Karen est à sa droite. Nous travaillons tous ensemble pour réaliser un rendez-vous rapide en six heures du lancement à l’amarrage. Cette approche est encore en phase de test mais c’est supposé devenir la méthode standard de rendez-vous. L’avantage principal de cette approche est qu’elle utilise moins de ressources comme l’oxygène, l’eau et le carburant.

Crédits : ESA

Crédits : ESA

Notre examen a commencé à 9h et nous avons enfilé nos combinaisons spatiales pour entrer dans le simulateur. D’abord nous avons pioché une enveloppe sous l’œil vigilant de la commission d’examinateurs. L’enveloppe contenait une liste de défaillances dont nous devions venir à bout pendant la simulation. Une fois à notre place dans le simulateur, nous avons commencé le test par un lancement suivi par diverses phases d’approche de la Station au cours desquelles nous avons rencontré des problèmes et des urgences. L’examen s’est terminé par un rendez-vous et un amarrage manuel.

La langue utilisée au cours des examens est exclusivement le Russe. Ainsi, comme vous pouvez vous l’imaginer, vous devez avoir une très bonne maîtrise du Russe. En cas d’urgences ou de moments critiques nous devons être capable de répondre rapidement et correctement.

Nous avons obtenu un très bon résultat, en particulier si vous considérez que nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour nous entraîner pour l’approche accélérée puisque nous avons été autorisés pour ce profil de vol il y a seulement quelques semaines et les simulateurs n’étaient même pas encore prêt ! Notre vol sera le premier vol rapide avec un équipage international et je serai le premier copilote non-Russe à faire ce type d’approche et de rendez-vous.

Le commandant et moi-même avons besoin de travailler indépendamment tout au long de la première phase de notre voyage : depuis l’entrée en orbite terrestre jusqu’à l’allumage des moteurs et le ‘stationnement’ du Soyouz sur une orbite stable par rapport à la Station Spatiale Internationale.

Pour travailler indépendamment, le commandant doit se fier aux compétences. Les instructeurs et les personnes au centre de contrôle comptent totalement sur la façon dont je fais mon travail. Le commandant n’a pas le temps de surveiller ce que je fais, ni moi de le contrôler.

A l'extérieur du simulateur Soyouz

Crédits : ESA

C’était un défi supplémentaire, mais j’étais très satisfait de voir que le commandant Fyodor a une confiance totale dans la façon dont je travaille et dans mon expertise. Ici en Russie, ils commencent à faire confiance à ce jeune bleu qui n’a jamais volé dans l’espace auparavant : moi.

Je suis le premier Européen et le premier ingénieur non-Russe à voler dans un Soyouz pour une approche accélérée de la Station Spatiale Internationale. C’est une énorme réussite pour l’Agence Spatiale Italienne, l’Agence Spatiale Européenne et moi-même : une démonstration que le système fonctionne bien.

 

 

Cet article a été initialement écrit par Luca Parmitano, le premier astronaute de la promotion 2009 de l’ESA à monter à bord de la Station Spatiale Internationale le 28 Mai. L’article initial a été posté le 27 Mai 2013 sur le blog de Luca. A lire ici en anglais : Final exams Part 1 : Fast Track Flight Simulation

 

 

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