Cygnus, Falcon et Proton sont dans l’espace

Pour les fans d’espace en général et d’astronautique en particulier, la journée d’hier a été faste en belles images. Pas moins de trois évènements majeurs, tous diffusés en direct sur internet, ont eu lieu à divers endroits du globe.

Arrivée du Cygnus à l’ISS

Le cargo Cygnus, presque à porté de "main" du bras robotique de la station. (Crédits : NASA)

Le cargo Cygnus, presque à porté de « main » du bras robotique de la station. (Crédits : NASA)

Cela a commencé à la mi-journée avec l’amarrage à la Station Spatiale Internationale de la toute nouvelle capsule de ravitaillement américaine, Cygnus, développée par Orbital Sciences.

C’est au sommet d’une fusée Antares le 18 septembre dernier que la capsule a pris le chemin de l’espace, transportant 590kg de fret à destination de la Station.

Il s’agit de son tout premier amarrage qui, malgré un report de plusieurs jours, s’est déroulé tout en douceur. Ce n’est d’ailleurs pas un amarrage automatique comme pour le Progress russe ou l’ATV européen. Le Cygnus s’est approché doucement de la Station et lorsqu’il s’est trouvé à la bonne distance, le bras robotique Canadarm2 l’a capturé (il était 13h en France) puis l’a attaché à son port d’amarrage situé sur la face coté Terre du module Harmony (aussi appelé Node 2). L’ensemble des opérations a été réalisé par l’astronaute européen Luca Parmitano, accompagné par sa collègue de la NASA, Karen Nyberg.

Amarrage du Cygnus (Crédits : NASA TV)

Initialement, la capsule aurait dû s’amarrer à la Station le dimanche précédent, mais suite à un problème d’incompatibilité de données (qui a été corrigé) entre son système de navigation et celui de l’ISS et pour ne pas interférer avec les opérations d’arrivée de trois nouveaux membres d’équipage, l’amarrage a été reporté d’une semaine.

La capsule va rester accrochée à la Station jusqu’au 22 octobre, date à laquelle elle s’en éloignera avant d’être désintégrée lors de sa rentrée dans l’atmosphère terrestre.

Décollage d’une fusée Falcon 9 améliorée

SpaceX Falcon 9 le 29 Septembre 2013 (Crédits : SpaceX)

Pour le deuxième événement spatial de la journée, c’est du coté d’une autre société privée américaine, SpaceX, que l’on se tourne.

Cette dernière a développé une version améliorée de sa fusée Falcon 9. Parmi les améliorations on retient la présence de moteurs beaucoup plus puissants. Le gain de puissance est considérable puisque la poussée passe de 35T à 65T au niveau de la mer.

Au niveau du premier étage, la disposition change : huit moteurs entourent un neuvième moteur (le tout est appelé Octaweb). Le premier étage est plus allongé et peut donc contenir un réservoir plus gros que sur l’ancienne version permettant d’augmenter la masse des charges utiles qu’elle peut placer en orbite.

Nouvelle disposition des moteurs de la Falcon 9 (Crédits : SpaceX)

On notera également la présence d’une coiffe pour protéger la charge utile. Jusqu’à présent la fusée Falcon 9 n’ayant transporté que des capsules Dragon, la coiffe n’était pas nécessaire. Comme le lancement d’hier visait à mettre sur orbite un satellite canadien, il fallait le protéger des perturbations atmosphériques, thermiques et aérodynamiques au moment du lancement.

Le satellite canadien en question se nomme CASSIOPE (Cascade SmallSat and Ionospheric Polar Explorer) et a été placé sur une orbite polaire. Sa durée de vie prévue est de deux ans. Il a non seulement un but scientifique (étude de l’effet du vent solaire sur l’ionosphère terrestre grâce à sa série d’instruments ePOP), mais va permettre également de tester un nouveau système de transfert de données volumineuses entre le satellite et la Terre (Cascade).

Le lancement a eu lieu à 18h (heure française) depuis le pas de tir 4E de la base de Vandenberg en Californie.

Retour en vol de la fusée russe Proton

Proton-M sur son pas de tir le 29 Septembre 2013 (Crédits : www.khrunichev.ru)

Pour finir la journée, à 23h38 (toujours heure française), une fusée russe Proton-M a pris le chemin de l’espace depuis Baikonour, Kazhakstan, transportant à son bord un satellite de télécommunication luxembourgeois, Astra-2E, qui doit couvrir l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.

Le lancement de cette fusée était très attendue puisque suite à une erreur humaine lors de son montage, elle avait explosée quelques secondes après son envol le 2 juillet dernier (voir ici), détruisant au passage sa charge utile (trois satellites du système de navigation russe Glonass) et provoquant l’échappement dans l’atmosphère de 600 tonnes de combustibles toxiques. Il n’y a eu heureusement aucune victime. A savoir que cela faisait plus de 40 ans que le premier étage de la fusée fonctionnait avec succès. Les seuls échecs à déplorer sur les lancements de Proton concernait Briz-M, l’étage supérieur.

 

Liens supplémentaires :

Vidéo de l’approche et de la capture du Cygnus, Version Courte et Version Longue

Vidéo du lancement de la Falcon 9
Photos du lancement de la Falcon 9

Vidéo du transfert de la Proton-M sur son pas de tir
Vidéo du lancement de la Proton-M (casque sur les oreilles, le son à fond ;))
Photos de la campagne de tir pour le satellite Astra-2E

 

2 commentaires

  • Bonjour,

    Un blog de très grande qualité. Félicitation.

    Néanmoins, un petit correctif en ce qui concerne les échecs de Proton. Bien qu’il soit le plus souvent incriminé, le Briz M n’est pas toujours en cause comme le démontre ce tableau récapitulatif (http://www.spacelaunchreport.com/profail.txt). Quant au dernier échec causé par le premier étage, il remonte à juillet 1982… Il y a 30 ans. Ca remonte loin néanmoins 🙂

  • Anne

    Merci pour votre commentaire 🙂

    Effectivement, d’après le fichier dont vous faites mention, il y a eu « quelques » problèmes sur le 2nd étage également et ça fait moins de 40 ans depuis le dernier échec dû au 1er étage. Je vérifierai la prochaine fois avant de reprendre une affirmation que j’aurai lu quelque part 🙂

    Merci pour les encouragements 🙂

    Anne

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