L-498 : Six heures pour atteindre l’ISS

L-498 : Dimanche 21 Juillet 2013

Un autre week-end froid et pluvieux à Star City. Je suppose que je vais m’entraîner encore dans la salle de sport aujourd’hui, plutôt que courir à l’extérieur.

Concernant l’entraînement, je vais réviser mes notes de cours sur le profile de rendez-vous 4 orbites. Croyez-le ou non, j’ai récemment été obligée de retourner en classe pour une leçon théorique !

Comme vous avez pu l’entendre, le voyage vers l’ISS est devenu beaucoup plus court ces derniers temps. Pour la première fois avec l’équipage de Pavel Vinogradov au printemps dernier, nous avons testé le « rendez-vous rapide » qui amène le Soyouz à l’amarrage en environ six heures (ou quatre orbites) à partir du lancement.

Il fallait habituellement deux jours pour arriver à la Station. Après l’ascension et la mise en orbite, le personnel au sol suit le Soyouz, mesure sa position actuelle et sa vitesse et, basé sur cela, calcule et envoie à l’ordinateur de bord les données pour les mises à feu des moteurs : quand ceux-ci doivent-ils s’allumer ? Pour combien de temps ? Quelle orientation doit avoir la capsule ? L’objectif bien sûr est de se rapprocher de l’ISS dans une position à partir de laquelle l’ordinateur de bord peut calculer les mises à feu nécessaires au rendez-vous final.

Maintenant, il s’avère qu’après des centaines de lancements de Soyouz et de Progress, les contrôleurs russes ont beaucoup de données statistiques et peuvent prédire assez bien à quoi ressemblera l’orbite après le lancement. Donc nous entrons maintenant les données des deux premières mises à feu lorsque la fusée est encore sur le pas de tir et nous obtenons que ces deux premières mises à feu soient faites dans la foulée.

Cela signifie qu’après le lancement les choses vont aller très vite ! En tant qu’ingénieur de bord je vais concentrer mon attention principalement sur les systèmes de vérification et sur les contrôles de fuites, m’assurant que nous ne perdons pas d’air dans l’espace. Pendant ce temps-là Anton va contrôler le début du mode dynamique : en préparation des mises a feu du moteur, le Soyouz va s’orienter le long de la verticale locale (avec le « ventre » qui pointe vers la Terre) et nous pourrons observer cette procédure dans le périscope. Comme sur la photo, sauf qu’à ce moment-là, Anton pourra voir la Terre, et pas encore la Station.

Bien sûr, comme un bon équipage, nous allons essayer de regarder les uns les autres par dessus l’épaule tout en travaillant en parallèle pour être sûr que nous ne manquons rien et que nous sommes bien sur la bonne voie de l’avant-poste de l’humanité dans l’espace !

 
 

Cette note est la suite d’une longue série de notes de Samantha Cristoforetti qui a entrepris l’écriture d’un journal de bord quotidien qui la mènera au jour de son lancement, pour le moment prévu le 30 novembre 2014.
La version anglaise (originale) peut être consultée sur son compte Google+ et la traduction italienne sur le site AstronautiNEWS. Toutes les photos postées sont sa propriété et proviennent de son journal de bord sur son compte Google+.

 

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