La Station Spatiale Internationale a 15 ans !

Mercredi 20 novembre 2013, la Station Spatiale Internationale fête ses 15 ans. C’est en effet le 20 novembre 1998 qu’une fusée russe Proton a mis en orbite le tout premier module, Zarya (qui signifie Aube en Russe), suivi trois semaines après par le module américain Unity (également appelé Node-1).

La Station Spatiale vue depuis la navette spatiale Discovery lors de son départ le 7 Mars 2011. On peut voir deux vaisseaux de ravitaillement : le japonais HTV (en doré sur le « haut » de la Station) et l’européen ATV (au bout de la Station, avec les panneaux solaires en forme de croix) (Crédits : NASA)

De novembre 1998 à Juillet 2011, il aura fallu plus de 12 ans pour achever* sa construction à l’aide de 28 missions de navette spatiales, de 2 vaisseaux Protons et de 2 vaisseaux Progress. La construction de la Station a été mise en pause de février 2003 à juillet 2005 suite à la désintégration de la navette spatiale Columbia (STS-107) au moment de sa rentrée sur Terre.

*(La construction de la Station, bien que terminée, va encore s’agrandir un peu dans le futur. Un module russe, le Nauka (qui signifie Science en Russe), et le bras robotique européen devraient être lancés courant 2015. Un autre module, gonflable, développé par Bigelow Aerospace, devrait également s’ajouter à la Station à la même période.).

La Station Spatiale est la plus grosse construction humaine jamais réalisée dans l’espace. C’est une excellente preuve de collaboration réussie entre 15 pays :

– Le Canada
– L’Europe dont les 11 pays participants sont l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse.
– Les Etats-Unis
– Le Japon
– La Russie

La plus grosse contribution de l’Europe pour la construction de la Station concerne le laboratoire Columbus, un module qui a été amarré à l’avant de la Station en 2008.

L’Europe contribue également aux coûts de fonctionnement de la Station en mettant à disposition cinq véhicules de ravitaillement automatisés, les ATV, dont le premier a été envoyé en 2008 (l’ATV-1 Jules Verne) et le dernier sera envoyé en Juin 2014 (l’ATV-5 George Lemaître).

ATV-4 Albert Einstein à l’approche de la Station Spatiale le 15 Juin 2013 (Crédits : ESA/NASA)

 

Elle a aussi construit les modules Harmony et Tranquility (Node-2 et Node-3) pour le compte de la NASA, et l’agence spatiale italienne a construit le MPLM (le module logistique multi-usage) toujours pour le compte de la NASA.
Le bras robotique européen devrait, quant à lui, être envoyé dans l’espace d’ici 2015.

Le Brésil a également contribué à la construction de la Station via un agrément avec la NASA. Il a fourni des pièces à la station (des Express Logistics Carrier, des plateformes qui ont été fixées aux poutres du segment américain, à l’extérieur de la Station, pour maintenir des expériences en place) en échange de l’envoi d’un astronaute brésilien à bord de la Station (Marcos Pontes, Expédition 13).

Regardez cette animation (clickez sur le nom des modules pour en savoir plus) ou encore ce timelapse qui récapitule toutes les étapes de sa construction.

La Station Spatiale Internationale en chiffres :

Longueur des modules : 51 mètres
Longueur de la poutre qui supporte les panneaux solaires : 109 mètres
Longueur des panneaux solaires : 73 mètres
(source : site de la NASA)

Masse : 419,6 Tonnes
Volume habitable : 425 mètres cube
Volume pressurisé : 935 mètres cube
Production électrique des panneaux solaires : 110 kilowatts
(source : Reference Guide to the International Space Station, Assembly Complete Edition, Novembre 2010 ; page 99)

Vitesse : 27600 kilomètres par heure (7,66 kilomètres par seconde)

Altitude : En ce moment, 415km au dessus de la mer. L’altitude varie dû au frottement de résidus d’atmosphère qui la freine et lui font perdre quelque kilomètres chaque mois. Une réhausse de l’altitude de la Station est nécessaire en mettant à feu les moteurs des vaisseaux de ravitaillement qui s’amarrent au module Zvezda : les Progress russe et les ATV européens. Ces rehausses se font en général tous les mois.

Durée d’une orbite : environ 90 minutes
Nombre d’orbites quotidiennes : la station fait actuellement 15,5 fois le tour de la Terre sur 24 heures.

De trois à six astronautes occupent habituellement la Station pour des missions qui durent environ cinq mois et demi. L’équipage est renouvelé par groupe de trois astronautes tous les trois mois en moyenne. Depuis l’arrêt de la desserte de la Station par les navettes spatiales américaines, ce sont les vaisseaux Soyouz qui les transportent en orbite.

Sur un équipage de six astronautes, il y a toujours trois russes en simultané. Les trois autres membres d’équipages proviennent des autres pays partenaires de l’ISS.

Vue de la Station Spatiale prise par Paolo Nespoli, membre de l’expédition 27 le 23 Mai 2011 (Crédits : NASA)

(Clickez sur la photo pour l’agrandir. La version originale peut être trouvée ici)

1 – ATV-2 Johannes Kepler
2 – Zvezda
3 – Poisk (MRM-2)
4 – Soyuz TMA-21
5 – Pirs (DC-1)
6 – Progress M-10M
7 – Zarya
8 – Unity (Node-1)
9 – Tranquility (Node-3)
10 – Cupola
11 – Leonardo (Permanent Multipurpose Module, PMM)
12 – Sas de sortie (Quest Airlock)
13 – Destiny (Laboratoire US)
14 – Harmony (Node-2)
15 – Kibo (Laboratoire japonais ou JEM, Japanese Experiment Module)
16 – JEM Experiment Logistics Module – Pressurised Section
17 – JEM Exposed Facility (avec le bras robotique japonais, le RMS)
18 – Columbus (Laboratoire européen)
19 – Navette Spatiale Endeavour
20 – Poutre de soutien des panneaux solaires et radiateurs
21 – Rassvet (MRM-1)
22 – Express Logistics Carrier (ELC-1)
23 – Express Logistics Carrier (ELC-4)
24 – Bras robotique Canadarm2

Laboratoire scientifique

Mais pourquoi tout ceci, vous pourriez me demander. Pour la science, pour l’exploration, pour notre futur. En effet la Station Spatiale est un énorme laboratoire scientifique où les astronautes sont les opérateurs des chercheurs restés à Terre. Ils y mènent de nombreuses expériences toute au long de l’année dans un environnement privé de pesanteur, ce qui ne pourrait pas être fait au sol. Ces expériences concernent les domaines de la médecine, des sciences de la vie, des sciences physiques, de l’astronomie et de la météorologie (source). Toutes ces recherches nous préparent à un futur où nous ne nous contenterons pas de rester dans la banlieue terrestre, mais nous nous éloignerons pour aller explorer d’autres planètes. Peut-être la planète Mars, d’ici 20 ou 30 ans… qui sait…

Voir l’ISS à l’oeil nu

Voir l’ISS à l’oeil nu est relativement facile, du moment où le ciel est clair. Il suffit de savoir quand et où regarder.
Le site heavens-above.com peut vous aider :
– Allez sur cette page et saisissez le lieu où vous vous trouvez (ou la ville la plus proche) dans le champ « Enter place to search for » puis clickez sur le bouton Search, puis sur le bouton Update situé en bas de l’écran
– Allez ensuite sur la page principale de heavens-above.com et clickez sur le lien « ISS » qui se trouve sous « Satellites ».
S’afficheront alors tous les passages visibles de la Station depuis le lieu que vous avez choisi. Vous connaîtrez sa brillance (sa magnitude), l’heure de début (avec l’altitude et la direction où regarder), l’heure au zénith (avec l’altitude et la direction où regarder) et l’heure de fin (avec l’altitude et la direction où regarder). A savoir pour l’altitude que 90° est à la verticale de votre tête et 10° est à l’horizon.

En clickant sur une des dates puis sur le lien « Ground track », vous pourrez voir une carte indiquant la trace de son passage au sol. Ca vous donnera une idée supplémentaire sur la direction où regarder.

Voici une photo que j’ai faite de l’un des passages de la Station, depuis mon balcon.

Passage de l’ISS au dessus de Munich le 11 octobre 2013 (Crédits : Anne Cpamoa)

Pour en savoir plus…

De nombreuses ressources existent sur internet, mais pas tant que ça en langue française. Je ne peux pas être exhaustive, mais voici quelques liens pour commencer

Luca Parmitano a récemment écrit deux articles de blogs où il décrit un par un chaque module de la Station.

Guide de la Station Spatiale Internationale pour le visiteur occasionel, Partie 1 et Partie 2

Sur le site de l’ESA,
La Station Spatiale Internationale (en anglais mais avec des photos)
– le kit éducation, destiné principalement aux enseignants
– La Station Spatiale Internationale expliquée aux enfants

Wikipedia est également votre ami
Chronologie d’assemblage de la Station Spatiale Internationale
La Station Spatiale Internationale

Et si vous préférez les vidéos, je vous en ai trouvé quelques-unes sympa sur Youtube
Rencontre dans l’espace avec la Station Spatiale Internationale (documentaire très intéressant de 55 minutes diffusé sur Arte)
Superstructures – la Station Spatiale Internationale
– sur la chaine Youtube d’Euronews vous trouverez différents documentaires autour de la Station (surtout en cherchant « Euronews Station Spatiale Internationale ») : La vie dans l’espace : mythes et réalités, L’expérience inédite d’une sortie dans l’espace
– Un documentaire de la chaîne Discovery sur l’ISS

Pour ce qui est des visites de l’ISS en français, il n’y en a pas beaucoup pour le moment.
– Une vidéo sous-titrée français par le journal Le Monde : – Laboratoires, toilettes, chambres à coucher… visite guidé
Une vidéo produite par Olivier Sanguy du site Enjoy Space.
– Une autre vidéo en deux parties qui date de 2003 avec l’astronaute de l’ESA Pedro Duque. Partie 1, Partie 2.

Des petits clips vidéos amusants
Dans l’espace
Life in Orbit – ISS Expedition 13

Et plein d’autres encore en cherchant sur Youtube

Voilà, je rêvais depuis un moment de faire ce genre d’article sur la Station qui est certainement mon sujet préféré. Celle-ci devrait être désorbitée en 2020, sauf s’il est décidé de la prolonger encore un peu en orbite. Ce n’est pas un jour que j’attends avec impatience.

 

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