L-342 : Faites confiance à votre combinaison spatiale, mais faites quand même un contrôle d’étanchéité

L-342 : Mercredi 18 décembre 2013

Une dernière simulation Soyouz aujourd’hui avant que Terry, Anton et moi ne quittions la Russie pour les vacances de Noël.

Notre scénario a débuté aujourd’hui juste avant le désamarrage et la rentrée sur la Terre. Avant de pouvoir ouvrir les crochets et libérer le Soyouz de la Station, nous devions effectuer un contrôle d’étanchéité de la combinaison pour s’assurer que nos combinaisons pressurisées nous sauveraient la vie en cas de dépressurisation.

Samantha Cristoforetti dans le Soyouz

Sur la photo, juste à gauche de mon coude gauche, vous pouvez voir nos connexions pneumatiques à la Station. Le gros tuyau c’est la ventilation, signifiant que dans nos combinaisons c’est juste de l’air de la cabine. Le plus petit c’est l’alimentation en oxygène pur.

Pour un contrôle d’étanchéité nous fermons le régulateur bleu juste en dessous du casque et commençons à remplir la combinaison d’oxygène en ouvrant la vanne près de la fenêtre. Sur le bras, nous avons une jauge de pression : si la combinaison atteint 0,1 atmosphère puis à partir de là, 0,35 atmosphère de surpression dans les 90 secondes qui suivent, le contrôle d’étanchéité est réussi ! Nous rouvrons le régulateur et libérons la pression en trop dans la cabine.

Le régulateur reste alors à la position 0,4 atmosphère pendant tout le voyage. En temps normal, la combinaison est simplement connectée à l’extérieur, mais au cas où la pression chute dans la cabine, le régulateur n’autorisera pas la pression dans la combinaison à descendre en dessous de 0,4 atmosphère.

Ce n’est pas facile de travailler en combinaison à ce niveau de pression : la liberté de mouvement et la dextérité sont très limités. C’est pourquoi, pendant un maximum de 5 minutes nous sommes autorisés à modifier le réglage à 0,27 atmosphère s’il y a des procédures qui exigent un travail difficile. Cette pression rend la combinaison plus souple et moins encombrante, mais c’est aussi malheureusement trop faible pour garantir que nous n’aurons pas de problèmes avec la maladie de décompression, d’où le temps limite.

Comme toujours dans les vols spatiaux, et peut-être dans la vie en général, tout est une question de compromis !

 

Cette note est la suite d’une longue série de notes de Samantha Cristoforetti qui a entrepris l’écriture d’un journal de bord quotidien qui la mènera au jour de son lancement, pour le moment prévu le 24 novembre 2014.
La version anglaise (originale) peut être consultée sur son compte Google+ et la traduction italienne sur le site AstronautiNEWS. Toutes les photos postées sont sa propriété et proviennent de son journal de bord sur son compte Google+.

 

 

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