L-357 : Les endroits où vous pouvez garer votre Soyouz

L-357 : Mardi 3 décembre 2013

De retour aux commandes du Soyouz aujourd’hui pour effectuer quelques amarrages manuels. Toujours une super façon de terminer un jour d’entraînement !

Comme vous le savez sans doutes, le Soyouz s’amarre à la Station Spatiale automatiquement quand tout est nominal. Notre entraînement aux amarrages manuels couvre deux types d’urgences : une panne de l’ordinateur de bord et une panne du Kurs, qui est le système d’antennes (à la fois sur le Soyouz et sur la Station) qui donne à l’ordinateur les informations nécessaires sur la position relative et la vitesse par rapport à la Station.

Une panne du Kurs est un scénario un peu plus léger, parce qu’un ordinateur qui fonctionne peut rendre d’une certaine façon la vie plus facile. Par exemple, lorsque nous effectuons une correction de l’orientation, les propulseurs d’attitude donnent inévitablement une impulsion vers l’avant au Soyouz : l’ordinateur compense automatiquement cela par un allumage des propulseurs vers l’arrière, de sorte que nous n’avançons pas plus vite que nous ne le voulons. Si l’ordinateur tombe en panne, nous devons effectuer ces compensations manuellement.

Nous avons également différents scénarios en terme d’éclairage (jour ou nuit), de mode d’attitude de la Station (stabilisée inertiellement ou en rotation sur son axe vertical pendant qu’elle se déplace autour de la Terre) et des conditions initiales (à quelle distance sommes-nous de la Station ? Arrivons-nous avec une vitesse sécurisée ou avec une vitesse excessive qui requiert des actions immédiates pour éviter une collision avec la Station ? Sommes-nous déjà en face du port d’amarrage ou pas ?)

En mai 2011, l’ISS avec Endeavour, l’ATV2, un Soyouz et un Progress, amarrés en même temps (Crédits : ESA/NASA)

En outre, les différents ports d’amarrage sont de difficultés légèrement différentes, principalement à cause des alignements des différentes cibles. Sur la photo j’ai indiqué les quatre ports d’amarrage vers lesquelles un Soyouz peut se diriger : l’arrière du module de service (en jaune, un ATV y est amarré sur la photo) ; DC1 et MRM2 (en vert, Un soyouz ou un Progress y est amarré sur la photo) ; et le MRM1 (en rouge, le port est libre sur la photo).

Nous pratiquons également la relocalisation du Soyouz d’un port d’amarrage à un autre. Ce n’est d’ailleurs pas un mode d’urgence : les déplacements peuvent être effectués manuellement.

 

Cette note est la suite d’une longue série de notes de Samantha Cristoforetti qui a entrepris l’écriture d’un journal de bord quotidien qui la mènera au jour de son lancement, pour le moment prévu le 24 novembre 2014.
La version anglaise (originale) peut être consultée sur son compte Google+ et la traduction italienne sur le site AstronautiNEWS. Toutes les photos postées sont sa propriété et proviennent de son journal de bord sur son compte Google+.

 

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