Mon premier vaisseau spatial

Alexander Gerst dans une capsule Soyouz

Dans un vaisseau Soyouz

Dans mon dernier article j’ai écrit que les meilleurs moments de mon entraînement sont ceux dans lesquels le petit garçon curieux qui est en moi refait surface. Cela pourrait se produire de plus en plus souvent, car c’est excitant pour moi de travailler avec toutes les technologies à la limite du réalisable, ou avec les meilleurs scientifiques au monde pour s’entraîner sur les expériences spatiales. Mais on apprend très vite en tant qu’astronaute qu’il est préférable de ne pas appuyer sur les boutons par curiosité avant d’être absolument sûr de ce qu’ils font. On traite les situations les plus excitantes avec une logique analytique plus froide.

Il y a quelques temps, je n’ai pas réussi à faire cela. Je m’étais assis pour la première fois de ma vie dans un vrai vaisseau spatial. En outre, il était quasi identique à celui qui doit me transporter dans quelques mois dans l’espace. Et comme si cela n’était pas suffisant, on m’a obligé à appuyer sur le plus de boutons possible.

En fait, il n’y a rien d’exceptionnel pour les astronautes en formation de travailler sur du matériel qui se trouvait auparavant dans l’espace. Lors des entraînements sous-marins dans les combinaisons spatiales, nous travaillons même 6 heures entières dans des combinaisons qui ont déjà été utilisées une fois dans le vide de l’espace. Néanmoins c’est une expérience complètement différente de s’asseoir dans un tout nouveau véhicule spatial qui n’a été construit que dans un seul but : amener les gens de la planète sur laquelle la vie humaine a été créée vers un endroit complètement nouveau pour nous les humains, pas intuitif et hostile à la vie : l’espace.

Le but de ce test de vaisseau spatial était que mes coéquipiers et moi puissions avoir la possibilité de comparer au moins une fois, six mois avant notre départ, notre simulateur de vaisseau spatial dans lequel nous nous entraînons quotidiennement, avec le véritable vaisseau spatial. C’est surprenant de voir comment la concordance est parfaite. La différence entre le simulateur et le vrai vaisseau ne se remarque presque pas. Excepté pour l’odeur, qui me rappelle vraiment celle d’une nouvelle voiture.
 

Equipage de réserve pour l'expédition 37-38

Équipage de réserve pour l’expédition 37-38


 
Il y a quelques semaines trois de mes amis – l’équipage que mon équipage se tenait prêt à remplacer – ont quitté la Terre avec ce vaisseau spatial au sommet d’une fusée russe Soyouz. Le vaisseau se tenait là, sur une rampe de lancement à Baïkonour, Kazakhstan, à l’endroit-même d’où est parti le premier homme dans l’espace, il se trouve maintenant amarré à la Station Spatiale Internationale et orbite autour de la Terre à 28000km/h. Mes amis vivent et font maintenant de la recherche pendant six mois dans l’espace. Le petit garçon en moi est enthousiaste.
 
 

Alexander Gerst est le prochain astronaute de la promotion 2009 de l'ESA (baptisée Shenanigans) à séjourner à bord de la Station Spatiale Internationale pendant environ six mois à partir du 28 mai 2014.
Ceci est la traduction (tirée de l'allemand) d'un article publié le 3 mars 2014 sur son blog : Mein erstes Raumschiff

 
 

Un commentaire

  • MONTAUK

    EN 2014…LES SCIENTIFIQUES DU MONDE ENTIER NE MAITRISE PAS L’APESANTEUR..ET ENCORE MOINS L’ANTI-GRAVITE..?DONC ALLER DANS L’ESPACE..OUI…FAUT QUANT MEME MAITRISER L’APESANTEUR.?

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