L-115 : Comment fonctionne le masque à gaz… et comment il va mieux !

L-115 : Vendredi 1er Août 2014

Hier, comme je l’ai déjà dit, Anton, Terry et moi avons eu la chance de répéter la simulation d’évacuation incendie dont je vous ai parlé en décembre dernier, dans le cadre de notre entraînement des compétences comme équipage principal. (Voyez L-345 : Évacuation après un incendie !)

 

Samantha Cristoforetti porte un masque à gaz russe

Revêtir la combinaison Sokol en portant le masque à gaz. Simulation d’une atmosphère contaminée et évacuation de l’ISS suite à un incendie en cours.

 

L’une des choses qui ont changées, pour le mieux, depuis que nous l’avons fait dans notre formation comme équipage de réserve, c’est que maintenant nous avons un masque à oxygène amélioré dans le segment russe. Pour mieux comprendre comment il va mieux, il est utile de savoir comment il fonctionne réellement. Veuillez vous référer à la photo. Le masque russe ИПК (IPK, NdlT) est un système indépendant, donc pas de filtrage en jeu ici. Le récipient verdâtre connecté au masque lui-même via un tube contient une substance qui va réagir chimiquement avec votre air exhalé pour éliminer le CO2 et ajouter de l’oxygène.

Lorsque vous êtes prêt à enfiler le masque à gaz, vous devez prendre une profonde respiration et la retenir pendant que vous enfilez le masque. Puis vous expirez dans le masque pour faire démarrer la réaction dans le récipient. L’air expiré traverse la substance chimique active et va dans le sac, quand vous inspirez, il retourne dans vos poumons. Vous savez que quelqu’un respire correctement à travers le masque car vous voyez le sac se gonfler et se dégonfler pendant les expirations et les inspirations. 

S’il arrive que vous pressiez l’air hors du sac, vous ne pourrez pas prendre la prochaine inspiration. Vous avez très probablement mis cet air dans la cagoule, vous avez donc besoin de retirer le masque de votre bouche, inspirer cet air contenu dans le volume de la cagoule et l’expirer de nouveau dans le sac pour revenir à votre cycle normal.

La réaction chimique est exothermique, donc l’air devient plutôt chaud. Et voici la grande amélioration depuis le précédent modèle : il y a un échangeur de chaleur (le petit élément de métal à mi-chemin dans le tube) qui refroidit l’air à environ 37°C, beaucoup plus froid que ce que c’était. C’est impressionnant quelle différence cela a fait dans notre niveau de confort hier !

Le masque russe est censé durer entre 20 et 140 minutes, un grand écart qui prend en considération la taille des différentes personnes et les différents niveaux d’activité. En moyenne, ça dure environ 40 minutes.

A titre de comparaison, dans le segment USOS nous avons des masques qui sont fournit avec leur propre petit réservoir d’oxygène. Ils sont beaucoup plus rapides à enfiler et plus pratiques à porter et pour travailler avec, mais vous serez à court d’oxygène en environ 7 minutes. Si nécessaire, vous pouvez les connecter via un câble aux ports d’oxygène de la Station, bien que cela limite la mobilité. Je porte l’un de ces masques sur cette photo.

 

Cette note est la suite d’une longue série de notes de Samantha Cristoforetti qui a entrepris l’écriture d’un journal de bord quotidien qui la mènera au jour de son lancement, pour le moment prévu le 24 novembre 2014.
La version anglaise (originale) peut être consultée sur son compte Google+ et la traduction italienne sur le site AstronautiNEWS. Toutes les photos postées sont sa propriété et proviennent de son journal de bord sur son compte Google+.

 

 

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