Nouveaux horizons

Coucher de soleil spatial

Coucher de soleil spatial (Crédits : ESA/NASA)

Découvrir de nouveaux horizons n’a jamais été facile. Au cours des centaines de milliers d’années de notre Histoire, nous étions des explorateurs et certains d’entre nous étions prêts ou obligés à prendre de grands risques pour de nouvelles perspectives et de nouveaux lieux de vie. Certains d’entre eux ont payé de leur vie ces voyages d’exploration, mais beaucoup d’autres ont réussi. Sans eux, notre horizon serait aujourd’hui aussi grand que ce que nos jambes peuvent traverser en une journée.

De nos jours, nous ne naviguons plus en pirogue le long des côtes jusqu’à ce que quelqu’un ose construire un bateau plus grand pour naviguer derrière l’horizon.

N’est-ce pas ?

Crédits : ESA/NASA

Crédits : ESA/NASA

La Station Spatiale Internationale, dans laquelle je me trouve, est comme une pirogue, que plus de 100 000 hommes venant de nombreux pays ont construite dans un acte fascinant de coopération internationale. Elle navigue à 400 kilomètres au-dessus de nos têtes, en dehors de l’atmosphère terrestre, et pourtant elle se trouve à seulement une épaisseur de doigt de la surface si l’on utilise un globe terrestre comme référence. Elle ne volera jamais plus loin, mais elle n’a pas été construite pour ça. Une seule fois, il y a plus de 40 ans, les hommes ont osé envoyer quelques-uns d’entre nous jusqu’à l’île voisine. Mais le courage nous a de nouveau abandonné. Pendant encore quelques années, si nous avons de la chance, ladite pirogue croisera devant nos côtes et servira comme laboratoire de recherche ainsi que comme poste d’observation pour porter notre regard en direction de l’horizon. Ce n’est que par elle que nous apprenons comment construire un navire qui nous transportera loin derrière. Ce projet commun est pour nous si précieux, que dans ces périodes de tension internationale nous n’y touchons pas. Au contraire, il nous maintient ensemble car il nous met devant les yeux ce que nous aurions à perdre dans le conflit.

Les dix prochaines années, vont passer comme toujours plus vite que cela nous paraît dans le présent. Quelques-uns d’entre nous ont commencé, avec les connaissances que nous avons acquises à bord de notre pirogue, à construire un navire qui pourrait nous transporter au-delà de l’horizon, sur la Lune, et plus tard sur Mars. Nous pourrions apprendre que nous avons des frères et sœurs dans l’Univers et comment nous pouvons épargner à notre Terre le destin d’une planète déserte.

Mais ce qu’il faut encore, c’est notre décision délibérée, à nous les habitants de la Terre, d’envoyer un vaisseau dans l’inconnu pour explorer de nouveaux mondes derrière l’horizon. Le temps presse, car avec la fin du projet ISS les concepteurs sont à la recherche d’un nouvel emploi, et avec eux les connaissances précieuses vont être dispersées. Atteindre de nouveaux horizons cosmiques serait la plus grande aventure de l’humanité.

Ne la laissons pas passer !

Voler au dessus de la Terre

Voler au dessus de la Terre (Crédits : ESA/NASA)

 

Alexander Gerst est le second astronaute de la promotion 2009 de l'ESA (baptisée Shenanigans) à séjourner à bord de la Station Spatiale Internationale pendant environ six mois à partir du 28 mai 2014.
Ceci est la traduction (tirée de l'allemand) d'un article publié le 13 juin 2014 sur son blog : Neue Horizonte

 

 

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