L+5 : Pas besoin de gel pour faire des échographies dans l’espace

L+5 : Samedi 29 Novembre 2014

Hier, Terry et moi avons eu une journée de plus (je suppose que c’est la dernière) avec un emploi du temps allégé qui a inclus du temps pour l’orientation et pour le passage de connaissances avec Butch. Pourtant, j’ai dû faire de nombreuses activités différentes à la fois du coté charge utile (c’est un nom savant pour la science) et du coté des systèmes (c’est un autre nom savant pour les travaux de maintenance dans la Station Spatiale elle-même).

Coté science, j’ai effectué une échographie pour l’expérience « Drain Brain » de l’Agence Spatiale Italienne. Le matériel spécifique pour cette expérience a été perdue lors de l’accident d’Antares, mais du matériel de remplacement sera bientôt en route dans un vaisseau cargo Dragon de la mission SpX-5. En attendant, nous pourrons commencer avec l’équipement d’échographie standard de la Station Spatiale.

Bien sûr, je ne suis pas capable de faire une échographie par moi-même : un canal audio privé a été mis en place avec le chercheur principal au sol, qui a fournit des conseils à distance basés sur les données temps réel venant de l’échographe. Il pouvait également me voir en direct via un flux vidéo en train d’effectuer les opérations. Les choses se sont bien passées, notamment grâce au fait que le matin j’avais assisté Butch en réalisant son échographie (une un peu plus complexe, nécessitant deux personnes) pour l’expérience Cardio-Ox. Butch m’avait montré un grand truc concernant l’échographie dans l’espace : pas besoin d’utiliser un gel salissant sur la sonde ultrason, de l’eau suffit !

Hier, j’ai pu aussi réaliser ma première maintenance des systèmes, remplaçant l’un des nombreux composants de notre système de récupération d’eau : c’est l’équipement qui produit notre eau potable à partir de l’urine (déjà pré-traitée) et à partir du condensat (l’eau récupérée de l’air de la cabine, qui vient par exemple de notre transpiration ou de notre respiration).
Je suis également heureuse d’annoncer que j’ai eu la chance de travailler dans notre véhicule cargo européen, l’ATV5. Rien de très complexe, en vérité : j’ai dû introduire un peu de gaz depuis les réservoir de l’ATV dans l’atmosphère de la Station, augmentant notre pression à bord de 7mm de mercure.

Dans mon emploi du temps, je devais également réaliser une inspection visuelle de notre tapis roulant T2, en particulier les éléments qui composent son système d’isolation des vibrations. Comme vous pouvez vous l’imaginer, nous ne voulons pas transmettre de grosses charges à la structure de la Station lorsque nous courons : d’une part pour préserver la durée de vie de l’ISS, d’autre part ça serait difficile de faire de la science en microgravité si la station tremblait pendant que nous courons ! Bonnes nouvelles, notre système d’isolation des vibrations est en bonne santé ! Pourtant, certaines activités nécessitent qu’il n’y ait pas de courses sur le T2. Pas plus tard qu’hier, nous avons eu quelques heures de « pas de T2 » sur la bande « contraintes de l’équipage » de notre calendrier électronique. C’est parce que la JAXA déplaçait le bras robotique japonais pour le déploiement du satellite SpinSat, qui s’est bien passé.

 

L+5 Déploiement d'un satellite SpinSat

 

Sur la photo vous pouvez voir une partie du SpinSat lorsqu’il était encore sur la table coulissante du sas japonais (il ressemble à une sphère métallique). A ce moment-là, le bras robotique japonais était sur le point de saisir le satellite avec son déployeur et nous avons jeté un œil depuis les fenêtres du JEM.

 

Cette note est la suite d’une longue série de notes de Samantha Cristoforetti, astronaute italienne de l'ESA, qui a entrepris l’écriture d’un journal de bord quotidien relatant son entraînement pour sa mission spatiale à bord de l'ISS. Samantha s'est envolée de Baïkonour à bord d'une fusée Soyouz le 23 novembre 2014.
La version anglaise (originale) peut être consultée sur son compte Google+ et la traduction italienne sur le site AstronautiNEWS. Toutes les photos postées proviennent de son journal de bord sur son compte Google+.

 

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