L+10 : j’ai réussi à fournir cinq tubes de sang pour la science !

L+10 : Mercredi 3 Décembre 2014

Tout d’abord je suis heureuse de vous annoncer que j’ai réussi à fournir cinq tubes de sang pour la science ce matin. Je les ai consciencieusement centrifugés et les ai mis dans le congélateur, pour les expériences  Salivary Markers et Microbiome.

Terry avait pour affectation de m’aider ici à bord et notre formateur Penny était prêt à répondre à nos questions sur le canal audio Space-to-Ground depuis Houston à 1h du mat’ heure locale ! Je n’aurai plus qu’une chose à ajouter sur le sujet : eh bien, c’est bon d’avoir deux bras !

Avec les échantillons de sang et de salive en sécurité dans le congélateur MELFI, j’ai commencé ma journée en repressurisant le sas du JEM : Comme vous vous en souvenez peut-être, la semaine dernière nous avons déployé un petit satellite en utilisant le bras robotique japonais et le satellite a été transféré à l’extérieur via le sas japonais, qui était resté sous vide depuis.

Puis j’ai commencé une série d’activités de nettoyage, d’inspections et de maintenances mineures sur le rack Biolab de Columbus, l’installation de recherche dédiée à la biologie et aux sciences de la vie. Le but était de s’assurer que le Biolab est entièrement prêt pour les expériences à venir. Les activités sur le Biolab ont pris un peu moins de temps que prévu, donc j’étais disponible pour débuter l’activité de préemballage pour le véhicule cargo Dragon qui doit bientôt arriver : nous serons très occupés pendant le temps où le Dragon sera amarré, il est donc nécessaire d’avoir la cargaison de retour déjà emballée et prête à être rangée rapidement le moment venu.

J’ai dû aussi sortir l’échantillon de l’imprimante 3D de démonstration qui est située dans la Boite à Gants (glovebox). L’appareil fonctionne automatiquement, mais plusieurs fois par jour Butch ou moi devons retirer du bac de l’imprimante l’échantillon qui a été imprimé. Tous ces échantillons retourneront sur Terre et seront comparés à des échantillons analogues imprimés par le même modèle d’imprimante 3D au sol pour déterminer l’influence de l’apesanteur.

J’ai également effectué une paire de cycles de remplissage du réservoir d’urine de notre Unité de Traitement de l’Urine à partir des conteneurs d’urine des toilettes russes. Probablement pas un sujet à aborder pendant un dîner, mais si vous êtes curieux de savoir comment nous gérons l’urine, et finalement l’eau, restez à l’écoute… probablement un sujet pour un futur article du journal !

Par ailleurs, sans aucune raison particulière, je viens juste d’essayer de maintenir mes bras le long de mon corps, dans la position naturelle dans laquelle ils ont toujours été lorsque je me tiens debout sur terre : c’est étonnant de voir la quantité d’effort qu’il faut effectivement en apesanteur pour garder mes bras dans cette position. Ce n’est pas du tout la position naturelle dans laquelle ils veulent être.

L’autre chose que j’ai remarquée en faisant mes exercices physiques c’est que mes mains fatiguent beaucoup plus en tenant la barre, par exemple lors d’un soulevé de terre. Je ne peux pas vraiment l’expliquer, mais Terry a suggéré que ça pouvait être dû au fait que j’utilise mes mains toute la journée pour me déplacer le long des mains courantes. Ça se pourrait…

Quoiqu’il en soit, il est temps de dormir pour moi maintenant. J’ai toujours dormi comme un bébé depuis que je suis arrivée ici : je me laisse flotter dans ma petite cabine de couchage et absolument aucune pression ne s’exerce sur mon corps. Je pense que c’est la façon dont j’ai toujours voulu dormir !

 

L+10 Le Satellite SpinSat à la sortie du sas du JEM

 

(Sur la photo vous pouvez voir le sas japonais la semaine dernière, lorsque la porte extérieure était ouverte, la table coulissante étirée à l’extérieur afin de présenter le satellite au bras robotique).

 

Cette note est la suite d’une longue série de notes de Samantha Cristoforetti, astronaute italienne de l'ESA, qui a entrepris l’écriture d’un journal de bord quotidien relatant son entraînement pour sa mission spatiale à bord de l'ISS. Samantha s'est envolée de Baïkonour à bord d'une fusée Soyouz le 23 novembre 2014.
La version anglaise (originale) peut être consultée sur son compte Google+ et la traduction italienne sur le site AstronautiNEWS. Toutes les photos postées proviennent de son journal de bord sur son compte Google+.

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