L+134/135 : Bientôt l’arrivée du Dragon : je suis l’opérateur robotique principal

L+134/135 : Lundi 6, Mardi 7 Avril 2015

L’arrivée du vaisseau de ravitaillement Dragon aura lieu maintenant dans moins de deux semaines et c’est stupéfiant de regarder la Station s’y préparer.

Si seulement je pouvais dire que j’ai la vue d’ensemble, mais cela dépend des personnes beaucoup plus malignes que moi qui se trouvent dans les centres de contrôle et qui sont aux commandes. Là-haut, nous essayons juste de faire de notre mieux pour réaliser nos tâches quotidiennes, mais celles-ci sont bien sûr toutes des pièces d’un puzzle qui deviendra au final une mission complète d’un véhicule en visite, de sa capture à sa libération, avec un complément significatif d’expériences scientifiques à réaliser pendant que le Dragon est amarré à l’ISS.

Hier j’ai installé un nouveau logiciel sur plusieurs ordinateurs, ainsi ils seront prêts à soutenir de nouvelles expériences scientifiques. Aujourd’hui j’ai passé deux heures à rassembler dans un unique sac tous les équipements nécessaires qui se trouvaient partout dans la Station pour une expérience spécifique, de sorte que tout sera facilement disponible lorsque ces opérations démarreront dans quelques semaines. Et bien sûr, Terry et moi continuons à préparer la capture du Dragon.

Aujourd’hui c’était notre entraînement « offset grapple », une session de deux heures pendant laquelle nous avons pu pratiquer le pilotage du vrai bras, plutôt que le simulateur. J’ai parlé d' »offset grapples » dans mon article L+20/21 : J’ai piloté le vrai bras robotique pour la première fois ! Consultez-le si vous l’avez manqué !

Lorsque le précédent Dragon est arrivé, Butch a effectué la vraie capture. Cette fois je serai l’opérateur robotique principal, je serai donc aux commandes du bras, pendant que Terry sera responsable des communications avec le sol, exécutant les procédures et les fiches aide-mémoire de dysfonctionnement (que j’espère nous n’aurons pas besoin).

En parlant de dysfonctionnements, aujourd’hui sur notre dernier « presque-agrippé », nous avons pratiqué la réponse à un « événement de mise en sûreté » qui se produit lorsque l’effecteur final du bras est déjà au-dessus de la broche, on est donc très près d’appuyer sur la gâchette pour la capture, ou même un peu plus tard. Le bras se met automatiquement dans un mode de sûreté après un dysfonctionnement, rendant impossible de commander les articulations, l’effecteur final ou le bras dans son ensemble

Effecteur final bras robotiqueHeureusement, c’est vraiment « deux bras en un » : je le conçois, il n’y a qu’un jeu de poutres et d’articulations, mais à part cela il y a une redondance complète de tous les composants qui permettent au bras de fonctionner. Afin d’utiliser cette redondance et finir la capture sur la chaîne de rechange, nous devrions nous déplacer de la Cupola vers le Lab (le laboratoire US, NdlT), où nous avons une seconde station de travail robotique. Le jour de la capture, cette seconde station est en mode « prête à prendre le relais », signifiant que littéralement un appui sur un bouton suffit pour qu’elle devienne la station principale et qu’elle prenne le contrôle du bras. N’aimeriez-vous pas ce type de redondance sur votre voiture lorsqu’un voyant rouge apparaît ?

Ah, hier j’ai aussi passé du temps sur mon évaluation physique périodique. Nous la faisons sur notre vélo, le CEVIS, une fois par mois, en utilisant un protocole dédié, pendant que notre électrocardiogramme est enregistré et que la pression sanguine est mesurée toutes les cinq minutes. Des spécialistes au sol se basent sur ces données pour faire une estimation de notre VO2Max, qui est une mesure communément utilisée de la forme cardiovasculaire. La tendance typique observée sur des missions de six mois est une baisse significative et rapide de notre VO2max tôt dans la mission puis une récupération lente lors des exercices quotidiens sur le vélo et le tapis de course. Et plus nous sommes proches du retour sur terre, plus il est crucial de faire des exercices pour être prêt à affronter de nouveau la gravité.

 

Cette note est la suite d’une longue série de notes de Samantha Cristoforetti, astronaute italienne de l'ESA, qui a entrepris l’écriture d’un journal de bord quotidien relatant son entraînement pour sa mission spatiale à bord de l'ISS. Samantha s'est envolée de Baïkonour à bord d'une fusée Soyouz le 23 novembre 2014.
La version anglaise (originale) peut être consultée sur son compte Google+ et la traduction italienne sur le site AstronautiNEWS. 
Auch auf Deutsch y en Español
Toutes les photos postées proviennent de son journal de bord sur son compte Google+.

 

 

2 commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.