L-210 : J’ai réussi mon examen d’amarrage du Soyouz en mode manuel !

J’ai réussi mon examen d’amarrage du Soyouz en mode manuel aujourd’hui ! Maintenant je suis officiellement qualifiée pour amarrer le Soyouz à la Station Spatiale. Je doute que j’aurai un jour à le faire, car le commandant est prioritaire pour cette tâche, alors que l’ingénieur de vol est juste un soutien au-cas-où. Mais ça ne fait rien. Je suis l’une de ces personnes qui apprécient énormément de simplement réussir à maîtriser quelque chose !

D’abord, Anton et moi avons pris nos places habituelles et Anton a piloté son profil d’examen. Puis nous avons échangé nos places, je me suis assise dans le siège du Commandant avec les commandes manuelles devant moi et j’ai piloté mes quatre profils à moi. Chaque profil s’amarre à un port d’amarrage différent. Vous pouvez consulter le journal L-357 : Les endroits où vous pouvez garer votre Soyouz pour une vue d’ensemble des différents ports.

 

Samantha Cristoforetti aux commandes du simulateur du Soyouz

 

Le jour de l’examen, nous commençons toujours avec la tâche la plus simple, comme un échauffement : le déplacement du Soyouz d’un port d’amarrage à un autre. Après que les crochets s’ouvrent et que les poussoirs nous donnent une vitesse de séparation, nous nous éloignons jusqu’à une distance de 40-60 mètres, nous nous déplaçons vers l’autre port et nous nous amarrons de nouveau.

Les profils suivants sont dans un ordre aléatoire.

Dans deux d’entre eux nous sommes à environ 300 mètres de l’ISS et nous ne sommes pas alignés avec le port d’amarrage. Nous nous approchons à une distance de sécurité d’environ 200 mètres, maintenons cette distance et effectuons un contournement pour nous aligner avec le port d’amarrage. Puis nous nous approchons à une distance de 50-100 mètres et maintenons de nouveau la position : nous tournons si nécessaire pour aligner la cible dans notre écran, nous rétractons une antenne qui, si elle est déployée, entraverait l’amarrage, nous nous assurons que le système d’amarrage est prêt et alors nous recevons  la permission du Centre de Contrôle de Mission de Moscou (ou bien l’instructeur) d’aller nous amarrer. La plupart des gens, moi incluse, maintiennent de nouveau la position à environ 2 mètres pour s’assurer que nous avons un alignement parfait et pour pouvoir donner une impulsion déterminée en démarrant d’une vitesse de zéro, de sorte que nous pouvons nous amarrer dans l’intervalle autorisé de 6-15 cm/sec.  (Il y a eu une discussion plus étendue sur le problème de la vitesse ici : L-349 : Quand tout le reste tombe en panne, comment savoir la distance et la vitesse ?)

Pour finir, nous avons eu un scénario dans lequel nous sommes déjà alignés avec le port d’amarrage. Dans cette situation, l’auto-échappement est activé sur le véhicule : si l’ordinateur tombe en panne, il n’y a pas moyen de le contourner, donc il y aura une mise à feu automatique de deux ensembles de propulseurs pendant 30 secondes pour effectuer un freinage. Une fois cela fini, notre tâche est de prendre la relève manuellement, arrêter le mouvement de séparation et s’approcher de nouveau. Généralement plutôt rapidement, parce que ce scénario contient une éclipse qui arrive dans les minutes qui suivent et il est difficile de voir la Station de loin la nuit, même avec les projecteurs allumés.

C’est fini de piloter le Soyouz manuellement jusqu’à l’été prochain. Ça va me manquer !

 

Cette note est la suite d’une longue série de notes de Samantha Cristoforetti qui a entrepris l’écriture d’un journal de bord quotidien qui la mènera au jour de son lancement, pour le moment prévu le 24 novembre 2014.
La version anglaise (originale) peut être consultée sur son compte Google+ et la traduction italienne sur le site AstronautiNEWS. Toutes les photos postées sont sa propriété et proviennent de son journal de bord sur son compte Google+.

 

 

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