L-18 : Retour sur les examens Soyouz de la semaine dernière

L-18 : Mercredi 5 Novembre 2014

Comme vous le savez, la semaine dernière, Terry, Anton et moi avons réussi nos examens finaux. L’examen vraiment gros, bien sûr, est l’examen Soyouz sur une journée complète où nous simulons tout, du lancement à la rentrée atmosphérique. J’ai déjà évoqué comment tout ceci fonctionnait lorsque nous avons passé l’examen en tant qu’équipage de réserve :

L-199 : Retour sur une semaine incroyable, à commencer par l’examen Soyouz

A l’époque, au moment de choisir l’une des cinq enveloppes avec les scénarios de l’examen, il s’est trouvé que nous avons choisi le plus difficile (et physiquement le plus inconfortable) scénario, celui avec l’incendie. Comme nous avions choisi celui-là, il n’était plus disponible pour l’équipage principal le jour suivant.

Cette fois-ci, notre équipage de réserve nous a fait la même faveur : ils ont été confrontés au scénario d’incendie dans leur examen jeudi, donc lorsque nous sommes arrivés vendredi pour choisir parmi les quatre enveloppes restantes, au moins nous savions que nous n’aurions pas encore une fois l’incendie !

 

Expedition 42 au rapport devant la commission des examens

Crédits : GCTC

 

Notre première panne s’est produite après l’insertion en orbite : une valve du système de régulation thermique est tombée en panne, donc pour le reste de la simulation nous avons dû contrôler la température manuellement en allumant et éteignant la pompe qui fait circuler l’eau dans les radiateurs.

Notre système d’épuration de CO2 du module orbital a également eu une panne mineure : le moteur du ventilateur principal a lâché et le passage automatique au moteur de secours ne s’est pas produit, nous avons donc dû nous en occuper également manuellement.

Ensuite, nous avons eu une panne d’ordinateur avant l’amarrage, à quelques kilomètres de la Station, et Anton a dû piloter l’approche manuellement à partir de là. Comme vous vous en souvenez peut-être, nous nous sommes entraînés un peu là-dessus et il y a même un examen séparé pour cela :

L-207 : D’autres examens Soyouz réussis pour notre équipage !

Après la pause déjeuner il était temps de simuler le désamarrage et la descente. On pouvait supposer que l’ordinateur principal était de retour en ligne à ce moment-là et qu’il avait fait un désamarrage nominal, après quoi nous nous sommes aperçu que l’un des réservoirs d’oxygène, celui situé dans le module de descente, avait une fuite d’oxygène dans la cabine. C’est une situation dangereuse, car nous ne voulons pas que le pourcentage d’oxygène dépasse les 40%, ce qui est considéré comme un risque d’inflammabilité. Nous avons donc fermé la valve pour isoler ce réservoir. Jusqu’à la séparation, nous avions de toutes façons quatre autres réservoirs d’oxygène dans le module de service et après la séparation, nous avions suffisamment d’oxygène dans la cabine pour respirer jusqu’à l’atterrissage, donc pas la peine d’ouvrir la valve. (Si vous ne vous souvenez pas à quoi correspond la séparation, je l’ai expliquée ici : L-40 : Nous avons des charges pyrotechniques sur le Soyouz !

Mais nous avons dû rouvrir la valve après l’éjection du bouclier thermique : cela se produit à environ 5km d’altitude, bien après l’ouverture du parachute. Une fois que le bouclier thermique est parti, une commande est envoyée pour ouvrir deux valves redondantes (sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle manuel) pour permettre l’évacuation de l’oxygène restant dans le réservoir du module de descente. Ce serait très dangereux d’avoir le réservoir plein d’oxygène à l’atterrissage, donc nous devions aussi nous souvenir d’ouvrir la valve manuelle pour permettre l’évacuation.

Entre les deux nous avons eu bien entendu quelques pannes supplémentaires. Le moteur principal nous a fait défaut au milieu de la mise à feu de désorbitation et un convertisseur de signaux du système de contrôle de la rentrée n’a pas fonctionné, nous laissant sans gyroscope et sans capteur de vitesse angulaire : une seule solution : passer à la rentrée balistique. Même pas le système de rentrée balistique « principal », mais un système de secours, qui utilise son propre capteur de vitesse angulaire.

Le Soyouz possède un grand nombre d’options pour effectuer une rentrée en mode ‘dégradé’ à la suite de toute sorte de pannes : d’une manière ou d’une autre, il vous ramène à la maison !

 

Cette note est la suite d’une longue série de notes de Samantha Cristoforetti qui a entrepris l’écriture d’un journal de bord quotidien qui la mènera au jour de son lancement, pour le moment prévu le 23 novembre 2014.
La version anglaise (originale) peut être consultée sur son compte Google+ et la traduction italienne sur le site AstronautiNEWS. Toutes les photos postées sont sa propriété et proviennent de son journal de bord sur son compte Google+.

 

 

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